Les 9 règles pour faire face au boulot… et ne pas craquer

Avez-vous remarqué à quel point le nombre de gens qui doivent supporter, dans leur travail, une personne qui cherche visiblement à leur mettre la tête sous l’eau est élevé?

En surface, tout va bien. Les gens n’avouent pas facilement que ça ne se passe pas bien pour eux au boulot.

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Une astuce pour supporter votre travail : sortez vos pinceaux

Mais, quand vous creusez car vous sentez un proche un peu déprimé, ou quand votre rôle hiérarchique vous amène tout simplement à sonder comment les choses se passent ici ou là, vous pouvez découvrir des choses un peu étonnantes.

J’ai fini par relever certains traits similaires d’une expérience à l’autre.

Et, à force, par voir ce qui pouvait permettre à la personne de « tenir » dans des  conditions pas trop mauvaises – et, à l’inverse, par voir ce qu’il fallait éviter de faire.

Dans de nombreux cas, la personne qui va avoir les faveurs du « tordu » est sur son poste depuis quelques mois, mais depuis moins de deux ans.

Depuis plus de quelques mois, parce que vous ne pouvez plus quitter l’entreprise sans que cela créé un trou sur votre CV. Vous êtes moins libre de partir que si vous étiez en période d’essai, par exemple (un vide de deux mois sur un CV est explicable).

Depuis moins de deux ans, parce que votre durée de poste est encore faible : si vous partez maintenant, un futur recruteur va se demander pourquoi vous partez si vite. Et vous n’avez pas envie d’avoir à donner de raisons.

Si vous êtes en poste depuis longtemps mais que, par des indices malheureux, vous avez fait comprendre qu’il vous serait dur de trouver un poste ailleurs, vous devenez, vous aussi, un appât de choix pour le tordu : il sent que vous serez forcé de le subir. Et ça le rend tout heureux.

Comment faire ?

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Voici votre co-bureau : vous avez tiré le gros lot.

Les indices qui ne trompent pas.

Le tordu n’est pas un être très original : les méthodes de « harcèlement » sont toujours les mêmes – avec des raffinements propres à chaque individu, bien-entendu. Il doit y avoir un Guide Secret des Trucs et Astuces du Taré qui circule.

  • X. vous reprend en réunion devant témoin.
  • En réunion, il/elle complimente tout le monde, sauf vous.
  • X entre dans votre bureau sans frapper, et vous demande de venir dans le sien – sans explication : vous ne découvrirez la raison de la convocation qu’une fois assis face à lui.
  • X. vous dit que « ça ne va pas ». Pas de reproche précis en revanche.
  • X. vous dit que plusieurs personnes se sont plaintes de votre travail, sans citer de nom.
  • X. vous donne à faire des choses qui ne relèvent pas de votre niveau de compétence. Compiler des données sans intérêt ; faire le scribe à une réunion (voire: lui apporter son déjeuner). Si vous vous en plaignez, vous avez peur de passer pour « prétentieux ». D’ailleurs, si vous vous êtes plaint, X. vous a indiqué que tout le monde devait mettre les mains dans le cambouis, et qu’il n’y avait pas d’exception pour vous.
  • X. vous refuse des avantages (assistant, stagiaire, collaborateur) pourtant octroyés à un collègue de même niveau hiérarchique que vous.
  • Les mails que X. vous envoie commencent par « Merci de ». Ils sont à peine polis.
  • Dans des cas extrêmes, X. peut entrer dans le bureau que vous partagez avec d’autres et dire « Bonjour » à chacun, sauf à vous.
  • X. vous demande des tâches mais ne vous précise pas le contexte du dossier.

Quelles sont les conséquences ?

  • Vous vous sentez « juniorisé ».
  • Vous avez l’impression que votre taré préféré veut faire de vous sa chose : convocations intempestives, contrôle de votre emploi du temps, etc… (bien vu !)
  • Vous voulez vous justifier, montrer à X. que vous faites bien votre travail, mais cela l’énerve encore plus.
  • Vous perdez pied. Vous commettez des erreurs que vous ne commettiez pas.
  • Vous arrivez stressé au travail.
  • Evidemment, vous déprimez. Vous avez l’impression que X. attend que vous craquiez (et vous avez raison).

Que faire ?

Le meilleur conseil à donner est : partir.

Mais ce conseil est souvent vain parce que, justement, votre sympathique collègue sait que vous ne pouvez pas partir comme ça. Vous devez « tenir ». Alors que faire quand on doit « tenir »? J’écarte les solutions du type : engager un procès (il faut des preuves et les pervers qui font état de leur perversion par mail sont rares) ou chercher du soutien auprès des RH (il faut des preuves, et avant de voir un comportement sanctionné, il faudra réunir en moyenne 157 témoignages similaires au vôtre). On va essayer d’être pragmatique.

  • Règle n°1 : comprendre que votre travail n’est pas en cause. Lorsque c’est le travail qui est en cause, on en discute avec la personne, on cherche à comprendre pourquoi des erreurs ont été commises. La personne doit sortir de l’entretien avec la volonté de mieux faire, et pas avec le sentiment que la situation dérape et que les choses ne sont pas normales. Les reproches doivent être précis, et ne pas être accompagnés de méthodes d’infantilisation.
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Le dialogue est-il constructif ? Exercice : devinez si le lion aux yeux jaunes veut le bien du bébé lion.
  • Règle n°2 : arrêter de se justifier face au pervers. On ne vous attaque pas pour vous offrir une occasion de vous défendre : si c’était le cas, c’est qu’on voudrait votre bien. On ne veut pas votre bien. Il/elle ne veut pas que vous vous défendiez. Et si vous vous défendez, il trouvera toujours un angle d’attaque. Face aux critiques vagues (un grand classique), vous pouvez demander des exemples précis de fautes que vous auriez commises. X. ne vous en donnera pas. Est-ce qu’il se remettra en question pour autant, en estimant qu’il a été trop dur envers vous ? Evidemment que non. Donc, sans acquiescer aux reproches, vous pouvez, vous aussi, restez vague et botter en touche : « C’est noté » ; « J’ai entendu tes reproches ». Point. Vous ne lui donnez pas raison, vous ne vous justifiez pas. Vous ne donnez aucune prise. Vous restez vague, quelque soit le sujet de conversation. « C’est noté » ; « Entendu » ; « Pourquoi pas » deviennent vos expressions fétiches.
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Evitons le dialogue avec des fous : « Vous avez l’heure ? » – « Pourquoi pas ? »
  • Règle n° 3 : vous allez limiter les contacts avec X. Pas la peine d’essayer d’être sympa : vous ne serez que d’autant plus désarçonné quand, lui ayant fait un compliment, il vous répondra par un reproche sur un dossier. Pas de zèle dans les relations humaines. Un Smic relationnel sera parfait.
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    Et dire que vous lui aviez fait un compliment sur son teint !
  • Règle n°4 : vous ne laissez rien paraître. Vous gardez le sourire. On ne s’effondre pas. Parce que c’est le but recherché par le tordu. Si vous pleurez, il va vous dire : « Tu n’as pas les épaules pour le poste« . Si vous dites que vous êtes fatigué, pensant lui fournir une explication pas trop compromettante pour vous, il va sauter sur l’occasion : « Oui, je te sens un peu fragile, un peu dépassé par les choses« . Et vlan. Et vous lui aurez tendu la perche. Evidemment, vous ne vous confiez sur rien de personnel. J’ai connu un salarié en froid avec son chef (chef catégorie « tordu +++ »). Couvert de reproches, le type pense calmer le jeu en disant : « J’ai des soucis d’appartement et de famille ». Erreur fatale ! Vous entrez sur le terrain perso, vous avouez que vous êtes en situation délicate ! Vous pensez que le tordu va avoir pitié de vous, qu’il va vous laisser en paix ? (si oui, vous êtes un cas désespéré).
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Pas de confidences avec ces gens-là.
  • Règle n°5 : on ne se confie pas aux collègues non plus. Du moins pas à n’importe qui. Si chacun sait que vous souffrez de la situation, vous allez devenir la victime en titre. Le salarié moyen ne déteste pas le fait que ça n’aille pas bien pour son collègue : ça lui donne l’impression que sa propre situation est enviable. Vous risquez d’être l’objet d’une fausse compassion. A vos risques et périls. Les appuis extérieurs à l’entreprise seront sans doute plus sûrs.
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Blanche-Neige commet une erreur : elle montre qu’elle n’est pas très à l’aise.
  • Règle n°6 : tous les matins, vous allez faire des affirmations (méthode Miracle Morning) du type « Je suis extraordinaire, je vais trouver un autre poste ». Il s’agit de conditionner son cerveau, comme on entraîne un muscle. Cela augmente la résistance à l’adversité. Vous allez aussi visualiser votre journée, et vous voir en train de reprendre le dessus : cela permet de reprendre le contrôle, et de baliser sa journée à l’avance.
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Affirmation n°36 : je suis extraordinaire, je vais gérer mon n+1
  • Règle n°7 : vous savez que ce n’est pas votre personne qui est en cause, ni votre travail (c’est pour cela qu’il ne sert à rien de se justifier). Vous n’avez pas d’échappatoire pour le moment. Il faut donc lutter contre la démotivation et voir comment cette épreuve peut vous être utile. Car ce type de situation – assez répandue – est utile : quand on a subi un mauvais manager, on fait plus attention à ses subordonnés. On devient un meilleur manager. Quand on a survécu à une situation d’adversité, on devient plus résistant. Il faut retourner la situation à votre avantage – sans espérer que X. quitte son poste avant vous, ni qu’il soit sanctionné – cela n’arrivera pas.
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Comme le dit une citation usée jusqu’à la corde : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Ci-dessus : vous après l’épreuve.
  • Règle n°8 : quittez votre environnement de travail dès que vous le pouvez. Vous avez le droit de ne pas déjeuner avec le troupeau de temps en temps, de voir des gens de l’extérieur entre midi et deux ; d’aller courir, d’aller faire des courses. Ces petites choses sont utiles pour augmenter sa résistance à l’adversité.
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Une balade en forêt est possible.
  • Règle n°9 : chaque matin, faites la liste des choses que vous voulez faire dans la journée (professionnel et personnel confondus). Cela aide à garder la maîtrise de sa journée. Ce n’est pas X. qui dirige votre emploi du temps de A à Z. Le but est de rester à flot pour tenir le temps que vous devez tenir si vous n’avez pas d’échappatoire. Au boulot (et remettez votre CV à jour).
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On reprend le contrôle.

 

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