Pourquoi vous allez (enfin) sortir courir entre midi et deux

Le numéro de juillet de la revue Etudes consacrait, sous la plume de Guillaume Cuchet, un article sur intitulé « Petite métaphysique sociale du running« . Le running serait devenu une « pratique sociale généralisée ». On s’y met en principe pour des raisons physiques : faire du sport, rester mince.

La course à pied me semble cependant bien plus intéressante pour d’autres raisons. Alors, pourquoi allez-vous sortir vos chaussures fluos entre midi et deux ?

  • Parce que vous voulez sortir de votre train-train

Si votre travail vous laisse une heure ou plus pour déjeuner, vous remplissez la première condition pour sortir courir. En comptant le temps de se mettre en tenue, puis de se doucher au retour, et de déjeuner « sur le pouce » (avec une salade que vous aurez préparée ou achetée, par exemple), vous disposerez d’environ 30 minutes de course. Ou de 20 minutes de course à pied + 10 minutes d’exercices (jumping jacks, squats) si vous préférez.

Repérez une douche dans votre entreprise (il y en a très souvent ; s’il n’y en a pas, vous êtes autorisé à ne pas aller courir sur le temps du repas).

Ensuite vous prendrez chez vous un sac en tissu, dans lequel vous mettrez des baskets, des chaussettes de sport, un tee-shirt, un bas de sport, une mini serviette de toilette, un gel douche et un échantillon de crème.

A l’heure du repas, vous irez vous changer dans une pièce qui ferme à clé (les toilettes, par exemple). Les vêtements de journée : dans le sac. Les vêtements de sport : sur vous. Vous posez votre sac dans votre bureau.

Vous mettez votre ipod sur les oreilles et vous êtes libre pour 30 minutes !

Courrir le long du canal(2)

  • Parce que vous voulez vous changer les idées

Courez sur les trottoirs de la ville si vous n’avez pas de parc à proximité.

Mais, d’expérience, il y a toujours un endroit agréable pour courir près de là où l’on se trouve.

A Saint-Denis, je n’aurais jamais cru trouver un canal aménagé, où les coureurs défilent à partir de midi.

Et pourtant, derrière le Stade de France se trouve le paradis :

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L’escalier qui conduit au canal

C’est un dépaysement complet.

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La vue de l’eau détend, celle des arbres rassure, celle du ciel apaise (poème contemporain)
  • Parce que vous voulez enfin progresser en anglais

Vous pouvez mettre de la musique pendant votre course. Vous pouvez même profiter de ces 30 minutes pour écouter des podcasts en anglais.

Nul besoin de choisir des thèmes difficiles : il y en a sur le fitness, la santé, qui s’écoutent facilement et donnent envie de se dépenser.

Si vous voulez vous cultiver, choisissez des thèmes d’histoire, des émissions de France Culture… Sentiment d’intense satisfaction garanti à votre retour.

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Non content de contempler cette eau émeraude, vous pouvez écouter la voix sur-enthousiaste d’animateurs de radio américains.
  • Parce que vous avez besoin de réfléchir

C’est en courant que les meilleures solutions aux problèmes que je rencontrais me sont venues à l’esprit.

Quand on court, l’esprit n’est pas fixé sur une technique. Il n’est pas besoin de se concentrer pour courir ; le mouvement est naturel.

L’esprit peut donc vagabonder. Très souvent, on commence à penser à un sujet, puis cela dérive sur autre chose, peu importe. On ne se rend pas compte qu’on réfléchit, les pensées viennent seules. Et quand on s’arrête, on se rend compte qu’on a pris une décision.

C’est l’effet magique de la course à pied.

  • Parce que vous voulez (enfin) changer votre image

Personne ne court à votre étage ? Personne ne se montre en tenue de sport ? L’idée même de devoir vous balader dans les couloirs en tee-shirt fluo pour gagner la douche vous paralyse ?

Et alors ? Penseriez-vous à ricaner bêtement si vous voyiez l’un de vos collègues prêt à aller se dépenser un peu dehors ? A moins d’être vraiment tordu, non.

Au début, j’étais la seule à m’échapper faire du sport là où je travaille. La première traversée du couloir a été un peu difficile, en baskets au milieu des costumes.

Mais, si le fait d’être un précurseur vous fait peur, sachez qu’on fait des émules. Cela donne envie aux autres de s’y mettre. On devient un leader d’opinion (sur un territoire modeste, j’en conviens). On vous demande vos bons plans. Des coureurs du dimanche que vous ne connaissiez pas viennent vous entretenir de vos performances. Et vous voilà parti sur une nouvelle lancée.

  • Parce que vous voulez avoir l’air riche

Une étude de l’université Paris Descartes nous indique que le running, paradoxalement malgré son coût réduit, est surtout prisé des classes aisées et diplômées : on court pour s’accomplir. Et, nous dit cette étude, on veut s’accomplir quand « tous les autres besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance et d’estime sont satisfaits« .

Ceux qui vous regarderont de travers seront, sans nul doute, ceux ayant d’énormes besoins physiologiques non satisfaits, qui se sentent en outre en grande insécurité, ne savent pas à quoi ils appartiennent et ont peu d’estime d’eux-mêmes.

Alors, à quelle catégorie voulez-vous appartenir ?

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Un escalier ? Excellent pour les fessiers.

 

 

 

 

 

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