S’évader du bureau… au carmel de St Denis


Il y a quelque temps déjà, j’ai déménagé, pour le boulot, à Saint-Denis. Ce n’était pas un choix ; personne autour de moi n’était ravi.

L’absence de commerce en bas des bureaux, le fait d’être encerclé par des immeubles très neufs et très impersonnels, l’impossibilité de prévoir un déjeuner facilement avec des amis dans Paris ont signé pour beaucoup autour de moi la fin de l’enthousiasme de se rendre au travail.

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Ma vision de Saint Denis, avant : charme et bonheur dès le matin

Un jour, j’ai eu envie de prendre le large, et de partir à pieds vers le centre, là où personne parmi mes compagnons d’infortune n’était encore allé. « Sois prudente » : j’avais l’impression de partir pour un dangereux tour du monde.

 

Je suis tombée, rue Gabriel Péri, sur le Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis.

Une grille ancienne, une pelouse fleurie de couleurs vives, une chapelle qui servit de tribunal jusqu’en 1993 : je suis entrée.

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Il faut sortir de la Plaine Saint Denis et s’aventurer dans Saint Denis même pour voir des fleurs

 

Ce musée est un ancien carmel – celui dans lequel a passé ses jours Louise, l’une des filles de Louis XV, qui ne désespéra jamais de voir son père ranger un peu sa vie dissolue.

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Louise de France par Nattier…
Elle choisit le carmel de Saint Denis car c’était le plus pauvre de France. Sa venue, et les dons qu’elle y fit, permirent au lieu de regagner un peu de lustre.
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… et par un peintre qui a un peu moins flatté son modèle

Je ne sais pas bien comment se sont retrouvées dans un même musée les anciennes chambres des carmélites, des salles dédiées à la Commune et d’autres aux œuvres de Jourdain, peintre et designer communiste, mais l’ensemble, rythmé par des explications précises et intéressantes, retient le visiteur.

A l’entrée, on m’a remis deux fascicules reliés, l’un sur les œuvres incontournables, l’autre sur les œuvres insolites. Les explications, précises et claires, étaient très intéressantes.

La salle d’archéologie présente notamment des chapiteaux de pierre.

 

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Saint Pierre, avec la palme de son martyre et sa clé

On monte : les chambres des carmélites permettent d’exposer des œuvres décrivant la vie de ces religieuses.

L’agencement des pièces est resté celui de l’époque. Les musées qui ont été des lieux de vie et sont restés tels quels – comme la Frick Collection à New-York, offrent toujours un voyage dans le temps.

 

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Le couloir des chambres ; les inscriptions aux murs ont été effectués à la demande de Louise de France

La chambre de Louise de France a été reconstituée. A son entrée, un petit panneau en bois indique les tours de balayage des religieuses.

 

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La table à balayer. La fille de Louis XV est « sœur Thérèse de St Augustin ». Elle a donc balayé le « Carré de Notre Ste Mère » ce jour-là.

Une fille de Louis XV, qui aurait pu passer ses jours à la cour, a donc décidé de voir s’écouler sa vie ici, sous une robe de bure, pour s’occuper des malades – car les carmélites dispensaient des soins.

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L’apothicairerie : l’endroit où étaient conservés les pots contenant les remèdes.

On change d’époque avec l’étage consacré à la Commune de Paris (1871).

Avec ses panneaux qui en décrivent chacune des étapes, l’exposition se suit comme un roman. J’avais oublié beaucoup de cette période – comment les événements s’étaient enchaînés, pourquoi la Commune avait eu lieu… Tout y est expliqué.

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Une composition de l’époque de la Commune, faite avec divers objets ou restes de nourriture récupérés par l’artiste.
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L’explication de la composition, qui donne un aperçu des conditions de vie des parisiens sous la Commune. Au menu, du chat (n°47), du pied de cheval (n°48), du chien (n°49). N°12 : quatre heures d’attente pour avoir du pain.

Une autre salle expose des œuvres, peintures et tableaux, de Francis Jourdain et d’Albert André. Ces deux artistes étant liés au collectionneur Georges Besson, c’est lui qui a permis aux œuvres d’êtres exposées ici.

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Meubles de Francis Jourdain (1856-1958)

Les peintures m’ont plu. Il faudrait que j’y passe plus de temps la prochaine fois.

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Détail d’une œuvre d’Albert André.
En poussant une petite porte, on arrive dans le jardin du musée.
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Les herbes odorantes du jardin
Un mur de brique serpente au milieu du jardin, et présente quelques fragments de pierres.
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Pour 5 euros, on peut donc visiter des collections hétéroclites, dont je n’ai pu voir, faute de temps, qu’une partie, et bénéficier d’un agréable coin de verdure.

Si vous passez à Saint Denis, faites-y une halte !

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