Inégalités au travail

Article de Jean Gatty dans Commentaires du printemps 2017 : aux Etats-Unis, on compte 830 heures travaillées par an et par habitant. 862 au Japon, 809 au Royaume-Uni, 671 en Allemagne.

577 en France.

Aux Etats-Unis, 46,4% de la population travaille. 59,7% au Japon, 48,5% au Royaume-Uni, 49,3% en Allemagne.

38,5% en France.

Il y a donc réellement, en France, une partie de la population qui travaille pour l’autre. Et encore, l’étude ne distingue pas, parmi ceux qui travaillent, entre ceux qui travaillent 70 heures par semaine et ceux qui ne parviennent pas à atteindre les 35 heures – parce que leur poste ne se justifie pas, parce que l’entité qui les emploie est en sureffectifs.

Ces chiffres confirment un sentiment assez répandu : en France, une minorité travaille, et travaille beaucoup plus qu’ailleurs, pour une majorité qui ne travaille pas, ou pas assez.

Il ne devrait dès lors pas être si douloureux de rétablir un peu l’équilibre en demandant (ou permettant) à ceux qui ne travaillent pas assez d’en faire plus : outre le recul de l’âge de départ à la retraite, qui est l’idée qui vient en premier lieu à l’esprit, on pourrait évoquer l’idée de faire entrer les jeunes plus tôt sur le marché du travail.

Pas parce que ces jeunes ne travailleraient pas assez : au contraire, une certaine pratique du monde du travail montre que ce sont souvent eux qui travaillent le plus.

On impose aujourd’hui des durées de stages qui frôlent le ridicule : toutes les formations imposent aux étudiants 3 mois, 6 mois ou plus de stage pour être validées. A la fin de leur parcours, il n’est pas rare de voir des jeunes cumulant 18 mois ou 2 ans de stage. Pour quelle utilité ? Il y a quelques années, on vantait ces stages, qui devaient permettre à l’étudiant d’entrer directement à un poste plus senior en entreprise. Aujourd’hui, on sait que le jeune embauché repartira à la case départ, à un poste de junior, quelle que soit la durée des stages accomplis, et pour la rémunération accordée à ceux qui n’ont aucune expérience professionnelle. Pire, il n’aura souvent pas été formé durant ses stages. Il aura été une main d’œuvre bon marché.

Pourquoi, pour une formation donnée, ne pas laisser l’étudiant choisir s’il veut faire un stage ou tenter d’entrer directement dans le monde du travail ? Et pourquoi ne pas freiner cette habitude de cumuler plusieurs formations (deux master 2, par exemple), pour un emploi qui ne nécessitant quelques décennies auparavant qu’une licence ?

 

 

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